mardi 7 octobre 2008


La mansarde bleue a déménagé.

Celle-ci est fermée.

Pour accéder à la nouvelle aller ici

mardi 30 septembre 2008

La tempête

Avant de franchir définitivement la passerelle merci de prendre connaissance des dernières nouvelles:

LE VOTE EST ANNULE

lundi 29 septembre 2008

Modalités du vote

- Les rédacteurs(trices) sont invités à voter pour l'un de ces deux textes que vous pouvez lire dans l'article qui précède
- Le gagnant verra son texte comme suite donnée au roman
- Vous pouvez voter anonymement
-Votre capitaine de projet ne votera pas
- Vous avez jusqu'à lundi prochain (6/10/08)12h pour vous prononcer
- Mes autres lecteurs qui ne font pas partie de la rédaction sont bien entendu invités à voter également ainsi que tout autre internaute de passage.
- Je publierai les résultats sans dire qui a voté quoi afin de préserver la cohésion et la bonne entente qui règne dans le groupe
Indépendament du vote je vous encourage bien évidemment à exprimer votre ressenti sur ces deux textes par l'intermédiaire des commentaires.
A vos urnes!

Propositions de suite au roman

Deux rédacteurs nous proposent la suite du roman.Il s'agit de JP Silvestre et de Jean.D.





L'ordre de présentation est celui de l'ordre d'arrivée des productions.





Poireaute était enfin revenu à son bureau de Londres en compagnie de son fidèle Hapathos. Il était furieux de la tournure prise par les événements à la suite du meurtre du Paris-Nice- La police française est vraiment en dessous de tout, elle n’avance pas. C’est tout juste si elle a relevé l’identité des voyageurs !


Ce n’est pas en Belgique qu’on verrait ça !


- En Angleterre non plus, crut bon d’ajouter Miss Agrume. Elle venait d’apporter le courrier et avait tout entendu.


- J’ai demandé à mon vieil ami, le Capitaine Trafalgar de venir nous rejoindre, reprit Poireaute, nous ne serons pas trop de trois pour venir à bout de cette affaire.


- Trafalgar, c’est lui qui avait résolu le mystère de l’enlèvement du Premier ministre ? Interrogea Hapathos -


-Oui, enfin… avec tous les indices que je lui ai communiqués, il n’avait plus qu’à conclure ! (Poireaute n’appréciait pas que d’autres que lui-même soient mis en valeur)


Avec Trafalgar, vous allez vous rendre en France. Vous vous partagerez les investigations sur les voyageurs du Paris-Nice. C’est parmi eux que se trouve l’assassin. Il y a, forcément un lien entre lui et la victime.


- Comment les retrouver ?


- Vous irez voir le Commissaire Valentin qui est censé s’occuper de cette affaire. Il a, quand même la liste des voyageurs mais ils habitent aux quatre coins de l’hexagone !


- C’est moins grave que s’ils étaient dispersés aux huit angles du quadrilatère… - C’est une expression !


-Et je ne vous permets pas de vous payer ma tête ! (Poireaute avait un sens de l’humour très sélectif)


- Pendant que nous investiguerons, vous retournerez visiter Bruxelles ?


- J’irai en Turquie, retrouver ce… comment s’appelle-t-il déjà ? - Arif Duymaz - C’est ça. Je pense qu’en une semaine je saurai s’il a un rapport avec la victime.


- Deux jours seraient, peut-être, suffisants mais faire un si long voyage pour un séjour de 48 heures, vous trouveriez ça frustrant sans doute ?


- Je tiens à m’assurer qu’il n’y a aucun lien entre lui et la victime.





Sur ce, on entendit la sonnette. Miss Agrume revint annoncer le Capitaine Trafalgar.


- Entrez mon cher Trafalgar. Je vous présente Monsieur Hapathos qui m’a assisté sur certaines enquêtes. Comme je vous l’ai dit au téléphone, j’aimerais que vous vous rendiez, tous les deux, en France pour vous renseigner sur un problème que je vais vous résumer.


- Je vous écoute.


- J’avais pris le Paris-Nice pour aller résoudre une affaire de meurtre sur la Riviera que la PJ de Nice avait été bien incapable d’éclaircir. Je fus retardé par un assassinat commis dans ce train. C’est la police française qui en a été chargée mais je crois qu’elle n’est arrivée à rien. Votre mission sera donc de reprendre l’enquête. Vous demanderez au Commissaire Valentin, qui en a la responsabilité, la liste des voyageurs. Pour le moment, je ne connais que deux individus douteux : la veuve de la victime, Lucette Dormeison, qui voyageait sous un faux nom, Contessa, ce qui en fait la principale suspecte et un métèque, Arif Duymaz.


- Vous avez des raisons de le soupçonner ? Risqua Hapathos- Heu… non, pas vraiment…- Seriez-vous raciste Héraclès ?


- Mais non, voyons mais j’ai bien le droit de m’interroger… Les deux hôtes de Poireaute prirent congé ‘’Bonnes vacances Héraclès’’ dit, en partant, Hapathos qui, décidément, était en veine d’amabilités. Jean Pierre Silvestre




Page 366…déjà…... Peut-être les 365 premières n’ont-elles été écrites que dans le but que s’ouvre celle-ci. Il est vrai qu’il y a du nouveau dans ma vie. Du nouveau, pas de l’imprévu, à part peut-être l’irruption de ce petit Poireaute dont je me demande en quoi il va aider à mes projets. « Au clair de la lune Mon ami Poireaute, Va m’préter sa plume Pour écrire…..la suite de mon histoire ? Ce n’est pas lui qui m’a donné ce qui me pousse à vivre, il ne m’en privera pas non plus. Ah mais….. ! Ce qui me fait vivre dis-tu? C’est entre tes pages, cher cahier confident, qu’on le trouve. Comme un appeau, le bruit de ton papier attire mes souvenirs. Passons la page un ,…………



Premier souffle …….oui……et aussitôt la page deux : dans « ses » bras : le premier soupir entendu de ma mère ! Jusque là, je les avais partagé ces soupirs par les infimes variations de notre métabolisme. Maintenant je ne savais déjà plus le ressentir en moi (et pas encore le nommer) ce soupir de soulagement teinté de l’inquiétude que notre vie commune ne soit plus complètement unie. Le mur de la solitude venait de recevoir sa première pierre,….. Et toi, livre, ta couverture. Dans un souci d’éducation (se justifiera-t-elle plus tard, d’asservissement d’après moi), croyant en ce domaine à la vertu de la concurrence, elle inventa à son image une mienne jumelle: celle « qui fait tout bien ». Etre née la première justifiait parait-il qu’elle fut première en tout. Nous vécûmes à l’étroit, toutes deux, dans mon corps : Je me faisais si petite que les étrangers ne voyaient qu’elle. C’étaient pourtant mes yeux qui les dévisageaient . Elle s’appelait Lucile et moi j’étais Lucette : j’étais en quelque sorte le diminutif de ma sœur. Bien d’autres pierres se sont ajoutées au long de cet apprentissage de l’enfance et bien des feuillets en témoignent, (page 33 j’étais malade, page 68, je me barricadais dans ma chambre en prise à un début d’adolescence difficile)



Mais vint enfin le jour où, comme on orne d’un bouquet la cheminée de la maison achevée, me furent offertes mes premières fleurs sur scène à l’issue du concours de sortie du conservatoire : j’étais chanteuse ! Ma « sœur » pouvait enfin faire carrière, mais de moi, livre, tu as écris « divette » ! Tu as tenu la liste des théâtres qui m’accueillirent et je dois convenir que ce n’est pas celle des temples du Bel canto. Mes succès ne firent pas la une des gazettes ? Qu’importe.

C’était tellement agréable, même si un peu convenu, ce brouillard de Messieurs autour de moi. J’avais toutes les qualités ! J’avais surtout celle de la jeunesse ! Mais comment croire à la romance quand tous les soirs un ténor poudré vous viole les oreilles en témoignage de sa passion ? Quand la transpiration point sous le maquillage ? Quand au prétexte de vous servir, il occupe le devant de la scène, grandi par des semelles compensées? Quand la meilleure perspective est de voir, l’âge venant, ce ténor là remplacé par quelque baryton ? Cela ne pouvait être, et cela ne fût pas. Na !.

Je n’ai jamais su s’il vint me voir ou s’il figurait depuis toujours dans le décor de ce théâtre de province ce grand Monsieur « so British »qui revendiquait une italianité. J’avais été engagée pour la saison et mon statut de soprano léger me portait à la coquetterie capricieuse. - Je meurs de soif ! vite… de l’eau…je m’évapore… - Voulez vous un chalumeau ? Interloquée, je regarde le géant fluet qui tend vers moi un verre de boisson, « fraiche mais non glacée », soucieux, dit-il, de ma gorge. - Qu’est-ce que c’est ? - Un chalumeau ? C’est un dromaludaire à deux bosses. (Exercice N°1 : Remplacez cette plaisanterie absurde par une autre.) Je ris sur deux octaves, acceptais la paille qu’il me tendait, puis souriant juste le nécessaire pour qu’il puisse admirer mes dents sans pour autant me juger carnassière, essayais d’en savoir davantage.

Page 234 j’écrivais : « C’était un mélomane de l’espèce la plus rare : celle qui écoute. » En réalité il écoutait, entendait, retenait, comparait, exaltait, courrait le concert, sondait les avenirs, exhumait le passé. Il était le servant zélé des voix et des chanteuses. Il écoutait avec ce regard intérieur que les œnologues portent à leurs papilles, tourné chez lui vers les oreilles. Un taquin soutenait l’avoir vu, à l’instar de ces derniers, crachoter de l’oreille après dégustation, avant de donner le nom du chanteur et l’année de l’enregistrement. Peut-être et plus vraisemblablement, entendait il par osmose et s’imbibait autant de sons que les éponges d’eau de mer. (d’ailleurs il écoutait le chant des baleines. Et pan dans les dents de cette grosse qui m’a piqué le rôle). Il devint vite ce compagnon indispensable à toute femme qui tient à se faire entendre, lui qui écoutait si bien. Mon oreille était bien inférieure à la sienne : je ne l’ai pas entendu partir. C’est par la poste qu’il revint. Pas lui, pas dans un carton bien sûr, (la surprise eut été à sa taille) mais sous la forme d’un étui vite ouvert. A l’intérieur, un adorable éventail en dentelle monté sur écaille. Un mot glissé dans l’étui me le dédicaçait : « A l’enchanteuse, un petit air d’ailleurs. » Je n’avais jamais tenu d’éventail, mais instruite par les peintures, je pris une pose Goyesque devant la psyché du vestibule où je vérifie d’ordinaire ma tenue avant de sortir. Là, je vérifiais mon maintien avant de le laisser entrer. Je pris la pose, puis l’ouvris.

D’un coup l’air devint plus humide. Le reflet du miroir bleuit et s’embuât. La dentelle s’agitait sous l’aile de pigeons envolés. Le mouvement incontrôlable de ma main battait la tarentelle tandis que les voix de tout un petit peuple chantaient ou disputaient, soulignées par le carillon des églises.

J’étais en Italie, un jour de fête.

A peine ouvert, très vite refermé. Tu as tout noté alors de ma stupéfaction. Dans le vestibule revenu à son ordinaire une femme pétrifiée par la surprise mais curieuse fait glisser une lame : un cri lointain de mouette fait écho.

Cet éventail contient « l’air d’un temps » et nous le restitue. Etrange histoire. Reprenons son message: des pigeons, la mer, l’Italie…Il comptait les jours avant la réouverture de « La Fénice » incendiée pour s’y rendre…..oui,Venise bien sûr….Venise aux plaisirs bateliers mais aussi laVenise laborieuse où des hommes en costume et cravate suivent au petit matin les ruelles, leur attaché case sur la tête comme les orientales vont au marché, Venise aux ateliers de fond de cours dont s’échappent les rayons furtifs de la richesse.

Cet éventail est vénitien, je veux savoir qui le fabrique. Le temps de vous inclure, l’éventail et toi, dans mon bagage, et nous voilà partis, ma «sœur » en recherche d’un contrat, et moi d’un homme. Douze pages d’échecs avant de le trouver, ayant pignon sur une rue banale de commerces cossus.

Celui qui me reçut ? chacun l’a rencontré. Sa corpulence, sa rondeur donnent confiance. Agé ? Il l’était déjà étant jeune. Jamais il n’eut plus de cheveux qu’aujourd’hui. Peut-être plus épais, plus nerveux dans la frisure, plus franc dans la couleur, mais jamais arrangés autrement qu’en repentir du chauve sur les cols de chemises qui plissent sous ses bras. Celui-là me dis-tu, (Est-il besoin que tu me le rappelles ?), avait le nez busqué, charnu, étalant sa couperose. Ses lèvres toujours humides débordaient peu à peu sur les joues encore luisantes du rasage, qu’il caressait parfois en un geste incertain d’une main ronde et lisse, comme siliconée. Etranges mains qui s’agitaient, virevoltantes, toujours en mouvement, brassant l’air où plutôt, l’éloignant et le rapprochant de son visage, semblant les branchies d’un poisson chauve. - Buena sera signorina….(il me faudrait ici un clavier latino.) Son regard, penché vers le bureau où il était assis se leva à ma taille, avec une intensité telle que je mis les mains devant moi comme pour me protéger. Il fixa l’étui de l’éventail que j’avais amené :

-Bon-bonjour…me permit de bredouiller une habitude salvatrice. Il regardait maintenant au-delà de mes yeux, comme s’il lisait sur le fond de mon crâne.

- Vouz êtes françhèze, souffla-t-il en zézayant, benissimo, et notre cliente…. Il avala une poignée d’air -…heureuse je le souhaite.

Il en souffla autant. Fascinée par ce manège respiratoire dans lequel je voyais le balancement onanique des primates, je réalisais qu’il puisait l’air comme à la cuiller avec des mains palmées. Je me retrouvais en confiance dans cette différence qui signait si bien son négoce.

-Très heureuse, mais curieuse aussi. Il partit à chanter à la manière des harmoniums, un air qui parlait de « donas » et de « curiosita ». Je ne sus pas reconnaître mais je le voyais réfléchir. Décision prise, il reprit souffle.

-Assurément, assurément,….. Compris….et vous voudriez…. d’autres ?

-Vous faites « d’autres » ?

-Assurément…… Si la dame veut me dire ce qu’elle cherche…ce qui l’intéresse…

-Tout…..mais tout m’intéresse !

-Et vous intéresse la vie votre? Un coup à l’estomac, une crispation viscérale.

-peut-être, ….pas encore…. Un mouvement plus rapide des mains.

-Garder vivant le votre souvenir ? Je ne comprends plus mais j’acquiesce. Les mains, frénétiques, se crispent

-Je vous donne. Et tel un prestidigitateur, un éventail fermé jaillit au bout de ses doigts. Je tends la main, il échappe.

-Ecoute ! Dans le murmure aérophagique de qui as trop vite dîné, il me raconta son histoire. (Exercice N°2 : La porte est ouverte ici à une longue histoire embrouillée qui ferait de l’ensemble une tresse à trois brins. Signé : Shéhérazade)

S’il ne me dit rien du comment, il me raconta la manière d’ouvrir un éventail préparé par ses soins pour qu’entre ses plis demeurent les sensations de la vie, à jamais rejouables. Il me fournirait, ajouta-t-il, autant que ma curiosité le rendrait nécessaire et ne prétendait qu’au retour de ses productions le jour où j’en serais lasse.

-Je te donnerais comme tu as besoin. Tu me ramèneras si tu n’es plus curieuse. Inutile de répondre : un groupe caquetant envahissait le magasin, fermant la parenthèse de ce singulier entretien. Une fois sur le quai, je tenais le monde dans ma main. J’exultais. J’aurais marché sur l’eau sans la crainte d’un accident. J’imaginais les titres des journaux parisiens : « Ecrasée par une gondole, un espoir lyrique disparaît : Le gondolier avait 0,8gr d’alcool dans le sang….. » Trop à faire à présent pour briguer une célébrité posthume.

J’allais glaner les sensations les plus rares, ramener avec moi les instants les plus forts : j’allais ouvrir une collection. Ma sœur chantait ? je serais, moi, « collectionneuse ».

On me vit au nord, penchée au bastingage, noter le souffle froid des icebergs qui frôlaient le bateau. Les lames rendues tranchantes par le froid lézardaient le silence en s’ouvrant, comme fait la banquise quand elle craque. On me vit au sud, dans une tempête de sable, écouter l’éventail criblé de mille trous siffler un souffle chaud, identique à celui que je volais plus tard aux derviches tourneurs dans leur transe. On me vit à l’est, disputer aux singes chapardeurs un éventail avec lequel ils m’imitèrent. Ils se jouaient de moi, et quand je leur repris, un peu vexée de la comparaison, des démangeaisons irrépressibles aux aisselles furent mon souvenir et je partis en me grattant. On me vit à l’ouest, accorder les parfums de rhum à ceux de la vanille, avant de goûter ceux plus âpres du continent.



On me vit partout. Ma collection devenait pléthorique. Que n’avais-je enfermé du monde dans mes plis ?



Devrais-je aller demander à la lune ? Je la regardais un soir, quêtant une réponse, quand un visiteur s’annonça.

C’était « amant du jour ». « Amant du jour » la nuit ? Cela faisait désordre. D’autant qu’il ne me semblait pas vouloir ménager mes dentelles. Il portait à la boutonnière son désir de troquer son surnom contre « amant d’une nuit ». Soupirant il l’était ! j’entendais qu’il le reste. Je captais son désir et fermant l’éventail j’en fis mon prisonnier. Privé de son désir, amant du jour n’était plus qu’un homme ordinaire qui eût l’honneur non désiré (un comble!) d’inaugurer une nouvelle rubrique de ma collection sobrement intitulée: « Soupirs ». L’étagère se remplit au gré des rencontres Que m’importait la lune à présent? J’étais le soleil de la vitrine ! Les seuls qui ne soupiraient pas à mon endroit étaient les anges. L’un d’entre eux, un beau soir, se décida. Je lui avais donné rendez-vous dans la maison ouverte à mon intention par un directeur de théâtre, collectionneur de robes de mariées, qui espérait ainsi m’en faire endosser une. (Exercice N°3 : Ecrivez ici l’histoire du directeur de théâtre. En alexandrins : elle est tragique!).

Une maison longère en haut d’une colline, perpendiculaire à la route, dont la façade ouvrait au couchant sur une allée ornée d’un puit et doublée d’un talus. Assise prés du puit, je regardais le soleil saluer avant le baisser du rideau. Un bruit de guêpe se rapproche. Un petit moteur peine à monter la côte. Un vélosolex très tendance quitte la route, aborde le talus, tourne comme au vélodrome, et s’écrase à mes pieds contre la margelle du puit. C’est le « Vélosolex fantôme ». La selle est vide : il n’y a pas de conducteur. Il arrivera une minute plus tard, souriant jusqu'à ses yeux mi-clos de la mésaventure. Il souffrait me dit-il d’une maladie rare. « Je suis tombé sans me faire de mal, avec tant d’abandon que le vélomoteur a pu continuer sans moi. Le même dieu prend soin des ivrognes et des endormis car je suis narcolepte voyez-vous, je m’endors aux moments les plus inattendus. N’importe quand…. partout… Je n’ai plus de permis de conduire, et le train n’arrive pas ici. Pour rester éveillé, j’écoute très souvent des musiques rythmées avec les écouteurs réglés au maximum….mais c’est bien trop dangereux sur les routes. »

J’écoutais son récit assise auprès de lui dans un canapé de conversation, brodé de tigres d’or sur un fond de soie rouge, chiné en salle des ventes par mon hôte lors de la liquidation mobilière de la maison close du chef-lieu. (Réalisé par le dernier descendant d’une dynastie menuisière, selon les plans secrets d’une confrérie éteinte après le directoire et le Palais-Royal, ce canapé avait été exilé en province dans les bagages d’une me’veilleuse ayant reçu mission de se faire oublier. A la disparition de celle-ci, il versa dans le public et s’y tailla une telle réputation de galanterie qu’à aucune des guerres suivantes l’occupant ne manquait de venir le visiter.)

Les paupières de ces beaux yeux (Ais-je dis qu’il avait de beaux yeux ?) battaient comme les ailes de ce papillon de nuit qui vient d’éclore sous la table où j’écris. Elles parlaient en morse, disaient que je suis belle et qu’il était timide. Le canapé semblait se rétrécir. Nos souffles se mêlaient déjà. J’inspirais pendant qu’il expirait….. Expirait ? FLASH ! Il est celui que j’attendais ! C’est lui qui m’offrira le diamant, la perle, le joyau de ma collection : son dernier soupir…. C’est ainsi que je suis devenue Mme Dormeisson. Les préparatifs de notre mariage l’ont tenu éveillé quelques temps. Puis il s’est rendormi.



Que faire en l’attendant ? L’idée me taraudait à présent d’essayer tout de suite. Tenter de recueillir tous ces souffles qui se perdaient….. Mais…… être là au bon moment,… Difficile…. ! Le mieux serait que ce moment ait lieu quand je suis là. Et puis je ne veux pas de ces derniers soupirs cacophoniques : pas de cris, pas de larmes, pas de supplications. Non, je veux du dernier soupir harmonieux. Un don en quelque sorte, pas un assassinat. Comment m’y prendre ? Réponds moi, dis……tu es un livre, tu dois savoir,……. quoi ?....... demander à ma « sœur » de tenir…….. l’éteignoir ?...............................................................................................

jeudi 4 septembre 2008

Les illustrations de JeanYves

N'oubliez-pas demain vendredi et samedi aussi, d'aller sur le blog de Jean-Yves qui va nous présenter ses nouvelles illustrations pour le roman. Je les ai déjà admirées, vous ne serez pas déçus croyez-le!
A bientôt pour nos salons d'automne à La Mansarde bleue!

vendredi 29 août 2008

Suite du roman : infos de dernière minute

Voilà... les trois jours pour se décider ou non d'écrire la suite du roman sont écoulés.

Sont en lice : Jean-Yves, Jean.D et JP Silvestre.

Jean-Yves ayant émis le souhait d'attendre mon retour du 15 septembre pour me faire parvenir sa production, les deux autres rédacteurs peuvent prendre leur temps également.

Mais si les textes sont prêts avant, n'hésitez surtout pas à me les envoyer, ainsi j'aurai l'immense plaisir de les découvrir en toute confidentialité et en avant première...Allez chers rédacteurs(trices) ne soyez pas jaloux, je plaisantais...
Je vous avouerais tout de même que mon statut de capitaine me donne quelques avantages non négligeables. Si vous saviez ce qui se trame parfois dans les coulisses où plutôt devrais-je dire, dans la salle des machines puisqu'il s'agit d'une croisière, vous n'en croiriez pas vos (que dois-je écrire?) vos oreilles, vos yeux...Celà pourrait faire l'objet d'un "sottisier" quand le roman sera terminé!
En attendant profitez bien du voyage. Moi je n'ai aucun regret et me plais infiniment en votre compagnie.
Que dure l'aventure!
Captain Cat

mercredi 27 août 2008

Le blog d'Alessandra

Oubli involontaire mais ennuyeux dans l'interview d'Alessandra : son blog d'artiste ici