mardi 19 août 2008

Roman (11)

Voici la suite tant attendue de notre roman et quelle suite... Richard Lejeune s'est vraiment lâché à l'instar de Jean D.! Une belle promenade lyrique! Je vous laisse découvrir l'excellent texte ci-dessous :


Lucette ? Lucille ? Lulu ...
"Bon sang, mais c’est bien évident", s’entendit-il murmurer tout en enfilant fébrilement sa veste de héros fatigué, et vaguement conscient de parodier une scène culte de sa série télévisée préférée dans laquelle, inévitablement, tous les mystères accumulés pendant les nonante minutes du feuilleton se dénouaient, les uns après les autres, miracle d’un esprit humain plus que prolifique, dans les quatre ou cinq dernières d’entre elles. Il y a longtemps. Il y a si longtemps : c’était le temps où, s’appelant toujours ORTF, la télévision française proposait à ses yeux ébahis de jeune policier des enquêtes où le blanc le disputait au noir, la technique n’ayant pas encore évolué vers la couleur. C’était aussi le temps où Miss Apple n’avait pas encore proposé de croquer dans sa pomme multicolore. C’était enfin le temps où, malgré ses 22 ans, il était obligé de porter, au début de sa jeune et prometteuse carrière, le costume que ses parents lui avaient acheté pour le mariage de sa soeur, quelques années auparavant. En fait, le seul qu’il usa pendant très longtemps. Il se souvient encore de ce veston à deux pans dans le dos - mode de l’époque (?) -, en flanelle grise, mal taillé car trop large, qui le rendait gauche aux yeux des filles : "C’est toujours beau le gris pour un mariage, avait décrété la raison maternelle", qui avait bien évidemment fait l’impasse sur ses propres goûts. Il détestait le gris, un gris aussi terne que les images du petit écran de télévision trônant majestueusement au milieu d’une grande table sur roulettes, prétendument en acajou ciré, sur le napperon terni en dentelle de Bruges que son père avait offert à sa mère pour leurs trente ans de mariage.
"Et puis tu pourras le remettre à d’autres occasions", conclut-elle d’un ton péremptoire.

Et il y en eut, des occasions ! La dernière étant l’enterrement de sa mère. Je pense me souvenir qu’une idée, assez saugrenue, voire même surréaliste le tarauda quelques heures : ne serait-il pas bon fils si, pour faire plaisir à maman, elle qui tant aimait la flanelle grise, il déposait ce costume de noces d’autrui, désormais lustré, râpé, dans le cercueil ?
Il n’osa pas. De peur, peut-être encore de la vindicte de cette Folcoche ardennaise. Mais plus prosaïquement parce qu’il n’avait pas matériellement le temps, entre le décès et l’enterrement proprement dit, de se rendre à la ville voisine et d’y acheter un neuf. A son goût, cette fois. A sa seule convenance, mais surtout pas gris ! Ni en flanelle ...

"Bon sang, mais c’est bien évident", s’entendit-il murmurer.
Indubitablement éloigné qu’il était de la théorie de la réminiscence chère à Platon, et à son professeur de philo, alors qu’il usait encore, à la fin de son adolescence, ses culottes courtes reprisées à maints endroits - "on n’est pas des richards, mais pas question que mon fils aille à la grande école avec des trous aux fesses !"-, avait asséné la fierté maternelle, sans se douter que c’était sous les quolibets des copains en jeans "pattes d’eph", le dos courbé, qu’il franchissait la grande grille de l’Ecole Polytechnique de la ville la plus proche, centralement posée à trente kilomètres de Liège, capitale de la Province éponyme, à trente kilomètres d’Aix-la-Chapelle, en Allemagne, où Charlemagne, le Père de l’Europe, était inhumé, la barbe assurément flétrie; et à trente kilomètres de Maastricht, aux Pays-Bas, ignorant que plus tard elle offrirait son nom à un traité controversé dont la simple prononciation causerait apparemment beaucoup de problèmes à un ministre poitevin; mais aussi que sa célébrité dépasserait les seules frontières du pays et attirerait des hordes de jeunes fumeurs en quête d’évanescents rêves psychédéliques; indubitablement éloigné qu’il était aussi, tout comme Sartre d’ailleurs- (là, il se rengorgea, ne boudant nullement la comparaison) - des théories freudiennes sur l’inconscient, il devait néanmoins se rendre à l’évidence : malgré lui, à l’insu de son plein gré, son cerveau toujours bouillonnant avait enregistré et le nom de l’actrice principale, et le titre du spectacle sur cette affiche placardée parmi tant d’autres.

"Bon sang, mais c’est bien évident", s’entendit-il une nouvelle fois murmurer : il était maintenant là, devant elle, cette affiche ondulemment collée sur un petit panneau publicitaire à l’étroit dans la rue qu’ils avaient voici peu, son collègue et lui, négligemment empruntée pour se rendre - pour presque courir, en fait - vers le Cybercimetière. Il était là, maintenant, devant elle, cette artiste inconnue de la Belgique et des environs : Lulu Güdüyük. Ce nom était décidément aussi imprononçable pour lui que l’était Maastricht pour Philippe de Villiers !

Un instant, il songea à contacter Mat.
Il avait rencontré Mathilde voici bientôt six ans, un dimanche de décembre, à Kaysersberg, dans cette enclave légèrement surélevée du marché de Noël qui habillait la ville, le long du petit cimetière dissimulé derrière les échoppes illuminées et richement décorées des marchands de boules multicolores et autres gadgets destinés à alourdir les sapins plantés dans le coin des salons du monde entier, ou presque ...
Elle était physiquement rivée, comme trois mille trois cent trente-trois autres tubes digestifs sur pattes à un petit gobelet blanc d’où s’évadait allégrement une légère fumée qui venait lui caresser le bas du visage : avec ce vin à la cannelle, bouillant, Mat espérait se réchauffer et les mains et le corps.

Après un premier sourire - il faisait lui aussi la queue pour obtenir le précieux trois mille trois cent trente-quatrième athanor - et quelques banalités de circonstance, sans vraiment le vouloir, ils se retrouvèrent déambulant dans la schweitzerienne bourgade, s’extasiant devant les mêmes vitrines, les mêmes décorations, les mêmes charmantes gamines portant la coiffe traditionnelle et se laissant photographier, pour quelques piécettes, sur le petit pont de pierre.

Vers 13 H. - comme le temps passe vite quand on noue une nouvelle relation ! -, il lui suggéra le restaurant. Ce sera pour une tarte flambée au Münster.
Certes, il y avait du monde, et bruyant de surcroît. Certes, ils durent patienter un temps relativement long. Mais ils eurent l’intelligence de mettre à profit ce moment particulier pour faire un peu connaissance. ET boire une demi bouteille de Tockay Pinot gris. Elle fut subjuguée par la narration qu’il fit de certaines de ses enquêtes quand, entassant Pélion sur Ossa, il avait accumulé suffisamment de preuves pour confondre le coupable; notamment ceux du meurtre de Jean-Roger Ducroyd et du crime de l’Orient-Thalys. Il fut plus qu’agréablement étonné de sa propension à l’écouter, sans mot dire, les yeux écarquillés, osant à peine relever une grande mèche de ses cheveux auburn qui s’ingéniait à continuellement venir farder son oeil gauche.

Le repas terminé, ils pensèrent se revoir. Sans plus ...

C’est à l’été suivant qu’elle accepta, pour une raison qu’elle ignore encore, son invite à découvrir Bruxelles. Il lui réserva une chambre à l’Hôtel Métropole, place De Brouckere où, trois matins successifs, avec tact et élégance, après le petit déjeuner, il vint la quérir aux fins de visiter la ville.

Il commença par le plus fantaisiste des monuments : une fontaine, à un coin de rue du vieux Bruxelles, certes la plus originale qui soit : un petit bonhomme en bronze, originellement du XIVème siècle, ce jour-là en maillot rayé 1900, urine fièrement devant les appareils photographiques des touristes hilares, surtout japonais. (Il est des fois, reconnaissons-le, où "rire jaune" n’a pas la même acception à Bruxelles qu’à Paris ...)

A ce Manneken-Pis mondialement connu, fait pendant, on le sait moins, une petite statue figurant son "épouse", satisfaisant le même besoin naturel : située au fond d’une ruelle cul-de-sac du quartier des restaurants, près de la rue des Bouchers, à trois pas de la Grand-Place, elle n’attire que quelques curieux. Poireaute crut bon de la présenter à Mat qui, à juste titre, jugea la position de la dame d’un goût douteux.

S’engageant sur la gauche, par la rue Charles Buls où, dans une alcôve de pierre, le gisant de bronze d’Everaerd t’Serclaes, libérateur de la cité au milieu du XIVème siècle, et devenu depuis porte-bonheur attirant les caresses des passants, un peu comme au Père Lachaise le monument dédié à ce grand séducteur qu’était, paraît-il, Victor Lenoir, assombri par le temps, présente néanmoins en un endroit très intime de son anatomie quelques centimètres plus dorés, plus polis tant les ont rituellement titillés les mains de jeunes femmes en mal de maternité, espérant par ce vain attouchement mettre fin à leur stérilité, ils débouchèrent sur la Grand-Place, cet incontestable joyau de l’architecture flamande.

A nouveau, il admira sa façon de l’écouter lui détailler certaines des plus belles façades. Francophile, il attira son attention sur celle qu’occupa Victor Hugo fuyant le coup d’Etat de Louis Bonaparte. Puis sur celle de la "Maison du Roi", imposant bâtiment gothique dont hérita Charles Quint et qui, entre autres richesses, abrite actuellement les centaines de costumes - plus de 750 lut-il sur le prospectus distribué à l’entrée - constituant la garde-robe du Manneken-Pis.
Pruderie oblige ? Non, folklore mâtiné d’une touche surréaliste. A la belge, évidemment !

La chaleur étouffante de la Grand-Place quand ils sortirent du musée incita Mat à accepter la proposition qu’il lui fit de se désaltérer. Il y avait certes là l’embarras du choix, mais il préféra l’emmener un peu plus à l’écart de la foule, rue du Marché aux Herbes, dans un des plus vieux et pittoresques troquets de la ville, A l’Imaige Nostre Dame, tout au fond de l’Impasse des Cadeaux, étroit boyau auquel on accède - mais encore faut-il le savoir ! - par un porche en pierre anonymement coincé entre deux boutiques.

Loin de l’effervescence estivale, ils y furent les seuls clients. Mat se délecta des 33 centilitres de Gueuze Mort-Subite que la patronne lui servit, à la demande de Poireaute, accompagnés de petits cubes de fromage d’une quelconque abbaye, saupoudrés de sel de céleri.

Le lendemain, c’est dans une voiture qu’il avait louée pour l’occasion - Poireaute n’était nullement motorisé -, qu’ils parcoururent la ville : l’incontournable Atomium, mais aussi la Tour japonaise, le Palais Royal, le Parc du Cinquantenaire, l’incroyable maison de Victor Horta ...

Et, pour prolonger cette ambiance Art nouveau, il l’emmena place Rouppe souper au Comme chez soi, une des très grandes tables du pays. Elle connaissait certes celle des frères Haeberlin, à Illhaeusern, prestigieuse s’il en est, mais admit sans hésitation que la cuisine de Pierre Wynants et Lionel Rigolet, son gendre, valait aussi le détour.

Quand il vint la chercher au Métropole, le troisième et dernier matin, elle paraissait soucieuse : elle avait une grande nouvelle à lui annoncer, mais plus tard, prévint-elle ...

Il consacra la matinée à faire le tour des boutiques de mode, croyant lui être agréable : mais elle ne s’enthousiasma pas vraiment. Pas plus pour celle de l’extravagant modiste Elvis Pompilio que pour les vitrines d’un couturier où des centaines et des centaines de cravates, alignées comme les soldats de terre cuite du tombeau de l’empereur Qin, classiquement ou excentriquement colorées, ne pouvaient que susciter l’admiration : elle avait bien une copine, dans le Sud, qui proposait en ses rayons des centaines et des centaines de chemises. Alors, ces cravates ainsi exposées, vraiment, rien d’exceptionnel : c’était l’ABC d’une bonne présentation, sans plus. Poireaute n’insista pas. Devant tant de mauvaise foi ...

Seules, en définitive, place du Grand Sablon, les alléchantes devantures du pâtissier Wittamer et surtout du chocolatier Marcolini - le chocolat en général, le belge en particulier : son péché plus que mignon -, entamèrent enfin son mutisme matinal et entraînèrent son adhésion vespérale : dans un de ces petits sacs en carton noir épais, elle emporta une des nombreuses créations du maître : une vingtaine de petits carrés d’un brun violent, à peine bombés, saupoudrés de paillettes d’or, disposés en forme d’étoile dans un somptueux coffret où l’esthétique de l’ensemble rivalisait avec l’arôme de chacune des pralines. Quant au prix - mais pourquoi ce détail bassement matériel ? -, il s’ingénia pour qu’elle ne le connut jamais ...

Et ce ne fut que sur le quai de la Gare Centrale, alors qu’était déjà annoncé l’International pour Strasbourg qu’elle osa. Pratiquement pour la première fois de cette dernière journée brabançonne, d’humeur labile, elle devint volubile : Mat lui annonça qu’elle quittait la France. Pour devenir Stambouliote. Sans autre explication. De toute manière, le train démarrait. En outre, elle ne lui en devait aucune ...

Ce serait donc par mail, ou par l’intermédiaire de son blog, qu’il la contacterait peut-être pour plus d’éclaircissement sur ce patronyme : Güdüyük, Lulu Güdüyük. Ce nom se révélait décidément aussi imprononçable pour lui que l’était apparemment Maastricht pour De Villiers.

Et là, devant cette affiche, sa mémoire, péremptoirement, lui dicta, à grands renforts de sons, mais aussi de lumières, d’époustouflantes et flamboyantes lumières, des images, SON image. Turbide, il chancela, tant l’émotion était forte. Son corps vacillait, tout comme son esprit. Il s’obligea à poser une main contre le mur, tout à côté du panneau d’affichage : Lulu, Lily. Lily, Lulu ... Lily Passion ...

Venant du Cybercimetière, ELLE descendait la rue :il la voyait, l’entendait, l’attendait. La Grande Dame, tout de noir vêtue, telle la Camarde comme on se l’imagine, hiératique, adamantine, étonnamment belle dans sa laideur affirmée, le pied gauche en premier comme sur ces statues égyptiennes de l’Ancien Empire, s’avançait, s’approchait de lui.

Hâve, Héraclès Poireaute transpirait, titubait. Il se cramponna tant bien que mal à l’appui de fenêtre, sentant les larmes sourdre sous ses paupières. Comme jadis à Pantin. Ou à Mogador. Ou au Châtelet. Ou à Carpentras, au tout début de sa carrière, en première partie du tour de chant de Maxime Le Forestier. Des larmes, comme à Bruxelles, dans l’immense salle de Forest National quand elle égrena les premières notes de ce fabuleux spectacle allégorique qu’elle avait écrit, trois années durant, pour elle, délicate, et Gérard Depardieu, massif.
Antipodes. Chassé-croisé. Séduction, violence. Fulgurance, demi-mots. Mise en abyme existentielle.

Barbara interpréta ce soir-là l’histoire de David, l’assassin blond au coeur tendre qui tuait chaque nuit dans la ville où Lily Passion se produisait. Et ce soir-là, Poireaute s’émut, sanglota, sentit son coeur, son corps s’envoler vers elle; il hurla, scanda, trépigna, applaudit à tout rompre, dix, vingt, trente minutes presque. Debout. Et Forest National avec lui ... qui refusait de les quitter, Gérard et elle ...


"Bon sang, mais c’est bien évident", pensa-t-il une dernière fois : les yeux mi-clos, d’une pâleur marmoréenne, il voyait sa silhouette approcher, d’une sérénité apollinienne, noble telle une nixe sortant de l’onde, coruscante, lèvres rouges, cheveux courts, d’une élégance à couper le souffle, se confiant à lui, rien qu’à lui.
Uniquement, il en était à présent certain, pour le guider dans son enquête ...

C’est vrai cet assassin m’obsède
C’est vrai cet assassin me suit
Qu’il me suive ou qu’il me précède
Il tue je chante je chante il tue
De ses crimes abominables
Sur l’acier de son couteau nu
Je lis que son âme est malade
Et qu’il pleure dans ses mains nues
C’est vrai cet assassin m’obsède ...
Héraclès Poireaute n’entendit pas la suite. Qu’importe, il la connaissait par coeur. Le principal à ses yeux ? : il venait de comprendre.
A tout le moins s’en persuada-t-il avant de sombrer complètement ...

Richard Lejeune

18 commentaires:

Cat a dit…

Vraiment bravo! Un vrai régal de vous lire, quelle facilité d'écriture. Vous nous avez emmené loin, et c'est à la fois émouvant, lyrique avec une pointe d'humour! Et puis enfin est arrivée la petite histoire d'amour que nous attendions toutes même si Mat est un peu trop portée sur les bons nectars à base de houblon et de raisin...Ca casse un peu son image...Lol!
J'ai bien relevé aussi la petite allusion...merci. La logique voudrait que je prenne la suite et là un certain vertige s'est emparé de moi...

Anonyme a dit…

Hormis le fait qu'il faille à plusieurs reprises reprendre son souffle (surtout pour la première phrase !), je me suis régalée ! Entre les allusions historiques (on est historien ou on ne l'est pas), la description des lieux, l'allusion à une certaine Mat/Nat qui deviendra istanbouliote, d'autres à l'Alsace (belle Kaysersberg et son superbe marché de Noël), à ses spécialités tant solides que liquides (à ce propos, Tokay s'écrit sans c !! à mon tour d'en profiter pour faire une rectif, hi hi)et ce souvenir que m'évoque le nom des frères Haeberlin, où j'ai eu le plaisir d'aller un jour il y a bon longtemps déjà, ma fille est venue voir la raison de mes accès de rire. J'ai bien sûr aussi reconnu la copine du sud qui vend tellement de chemises....
Bravo Richard. Je vais passer immédiatement à l'interview pour découvrir un peu plus le personnage qui se cache derrière ce nom....

Anonyme a dit…

J'ai oublié quelque chose oncernant l'allusion aux bons nectars de l'Alsace.... Le Tokay Pinot Gris SGN est mon préféré. Si quelque veut connaître mon producteur préféré, je me ferai une joie de donner ses coordonnées, snif je ne dirais pas non pour une petite dégustation de cet merveilleux breuvage.

Anonyme a dit…

Quelle épopée pour moi .... j'ai haleté, j'ai souri(aux allusions) , j'ai cherché dans le dico (qq mots étaient, je l'avoue, inconnus) j'ai relu et enfin j'ai savouré - merci Monsieur Lejeune et à toi Cat - la fin sera digne d'un roman noir ou d'un conte de fée ???? hi hi hi - bisous

Anonyme a dit…

Oulala ...
1. Le "Monsieur Lejeune" de Mam'selle Lili m'ennuie. Vraiment.
Et si on disait "Richard" ?
Et pourquoi pas le tutoiement ? ...
Mais là, mesdames, c'est à vous de me le permettre; car mon savoir-vivre, jamais, ne vous l'imposera !

2. Je peste, abominablement ... et enrage sur ce malencontreux C dans Tokay.
Chapeau bas, Nat, je reconnais mon erreur.
Et si je devais exciper de mon honneur de mâle en la circonstance, de mauvaise foi, comme Mat à un moment précis de mon histoire, j'argumenterais que l'on ne reconnaît pas de fautes dans les noms propres. Et toc !
Mais rassurez-vous, mesdames, j'ai assez de délicatesse pour ne point le faire; et, tête basse, j'admets mon impéritie en la matière.
Et pour m'en sortir par une pirouette, j'avouerais que j'avais peut-être déjà un peu trop abusé de celui de chez Heitzmann, à Ammerschwihr, avant de rédiger ma phrase. (Et comme cela, autre pirouette, je vous devance, chère Nat, pour faire un peu de pub et vous dévoiler mon préféré ...)

3. Chassez le naturel, le prof revient au galop : au temps béni de mon récit, l'on pouvait encore employer l'ancienne formulation. Actuellement, Europe oblige, l'on ne peut plus parler, en Alsace évidemment, de Tokay ! Cela est redevenu chasse gardée de la Hongrie d'où, au milieu du XVIème siècle, un Alsacien, Lazare de Schwendi, après sa victoire sur les Turcs, à Tokaj au nord-est de la Hongrie, l'avait importé chez vous ...
La Nat alsacienne et turcophile connaissait-elle cette histoire (légende ?)

Mais, finalement, peu me chaut : "Qu'importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse", a écrit un jour ce cher Alfred ...

A votre santé, mesdames ...

Anonyme a dit…

Et bien on commence par prendre une bonne respiration et on y va !
Première chose que j'ai noté des références cinématographiques et/ou télévisuelles sont reprises.
Vient ensuite les souvenirs d'enfances sans aucun doute y-a-t-il un peu de vécu. Références géographiques. Sans oublier les références littéraires et politiques.
Et bien on en apprend des choses !
Une véritable visite guidée.

Pourriez-vous m'expliquer le sens de "adhésion vespérale", s'il vous plait, dans ce contexte ?
Je suis un novice en milieu littéraire et j'ai beau parfois avoir un bon dictionnaire à côté de moi. Il m'arrive même de ne pas comprenddre même la définition.
Un véritable exercice de style. Pour moi c'est trop d'un coup, mais je ne m'en plains pas bien au contraire.

Je ne peux que Féléicité une telle maitrise des mots et de l'histoire.
Ca me file une véritable frousse pour la suite ! À par ça, ca va !

Cat a dit…

N'y voyez pas ombrage mais le tutoiement en ce qui vous concerne me paraît impossible. Il en va de même pour JP Silvestre et Jean D.
Ne me demandez pas pourquoi je serais bien en peine pour vous répondre. C'est une possibilité fantastique que nous offre la langue française de pouvoir faire ce choix. N'y voyez aucun snobisme de ma part. Celà me vient naturellement avec certaines personnes et quand j'ai commencé à vouvoyer quelqu'un, en général celà dure toute la vie...

Anonyme a dit…

Merci à vous tous pour les commentaires plus qu'élogieux que je viens de lire à propos de ma contribution à ce roman collectif. Croyez-bien que j'eus autant de plaisir à la rédiger qu'apparemment vous en eûtes à la lire.

A vous, Cat, plus particulièrement, je répondrai que ma tentative de tutoiement n'avait d'autres raisons d'être que celle d'établir des relations plus cordiales entre nous tous. Je ne vois nullement une quelconque once de snobisme dans votre "refus" : cela me semble en effet aux antipodes de la personnalité qui transparaît à la lecture de vos articles. J'y verrais plutôt un grand respect vis-à-vis des personnes plus âgées, déférence qui vous honore, mais qui, à mon sens tout au moins, ne s'imposait pas me concernant. C'est toutefois votre choix, et d'évidence, je le respecte.

Permettez-moi, Cat, de profiter de cet espace afin d'aussi répondre à Jean-Yves.

Le terme "vespéral" signifie : "qui concerne le soir".
J'ai en fait ici voulu opposer matinal (= du matin) à vespéral (= du soir) à la fois sur le plan sémantique, c'est-à-dire du sens, et sur celui des sonorités finales des deux termes pour simplement exprimer l'idée que ce dernier jour, Mat ne s'était vraiment intéressée à rien de ce que Poireaute lui faisait découvrir en début de journée, mais qu'en revanche, elle avait "craqué" pour les chocolats qu'il lui proposa en fin de journée.

Vous évoquez aussi, Jean-Yves, ma "maîtrise des mots et de l'histoire".
Je puis vous assurer que je n'ai pas vraiment de mérite dans la mesure où, pendant 33 ans, j'ai enseigné notre belle langue française, un peu de littérature, un peu de philosophie (que l'on appelle "Cours de morale laïque" en Belgique) et, bien évidemment, beaucoup d'Histoire en général et d'Egyptologie en particulier : il serait donc bien malheureux que je ne manie pas tout cela avec une certaine facilité.

Je poursuivrai ce long commentaire en écrivant que, si malgré le fait que vous ayez dû compulser un dictionnaire - démarche, vous le pensez bien, que j'approuve entièrement : c'est un outil indispensable à tout âge et quel que soit le niveau de connaissances que l'on peut avoir -vous avez apprécié ma contribution à ce roman de l'été, j'en suis extrêmement ravi.

Dernier détail, pour vous et tous : si vous avez parfaitement raison d'avoir décelé, ça et là, des allusions très personnelles, il n'en demeure pas moins que ce texte reste avant tout une fiction. Mais il est tout aussi obvie que ce que j'avance au niveau de Bruxelles est rigoureusement exact, historiquement parlant. Et les amateurs pourront d'ailleurs prolonger ce que je n'ai qu'ébauché en faisant une recherche sur le Net.

J'ajouterai pour terminer, faisant aussi référence à certains commentaires que vous avez bien voulu apporter suite à mon interview, que c'est moi qui suis heureux et honoré de rencontrer virtuellement des personnes telles que vous tous.

Cordialement.
Richard

Cat a dit…

Il va de soi que d'autres lecteurs-rédacteurs en congés actuellement ne tarderont pas à laisser d'autres commentaires élogieux concernant votre texte, c'est en tout cas ce que je vous souhaite de tout coeur! Cat

Anonyme a dit…

Merci pour toutes ces explications.
Bruxelles mon Amie Alessandra qui nous aide à illustrer le Roman va justement à Bruxelle ce week-end. Je lui ai confié une copie pour qu'elle puisse profiter des références historiques.
A bientôt pour la suite.
Jean-Yves

Anonyme a dit…

Et comment que l'on commente!
A peine rentré, avant d'apurer les factures qui ont profité de mon absence pour squatter la boite aux lettres, faisons les comptes de ce que je vous dois:
En tout premier une balade, et en second une ballade.
Pour la première, elle me fait imaginer ces terres du nord dont l'existence ne m'est pas certaine puisque je ne les ai jamais vues.
Grâce à vous j'y ai vécu quelques instants plus qu'agréables, et si d'aventure quelque génie ailé m'y déposait, je guetterais le porche menant à "l'Imaige Nostre Dame", pour m'y désaltérer à "votre bonne santé".(ceci dit en parodiant Ramuz dans "l'histoire du soldat". Si j'étais le soldat, vous y seriez..? le guide? Drôle cela!)
Pour la seconde, superbe idée que d'avoir pris cette forme. Ces retours de refrains croisés fonctionnent à merveille et rythment le récit. Merci pour la musique.
Je vous dois aussi des succulences de vocabulaire. Si face aux mots, j'ai quelque réserve, c'est qu'ils me semblent limiter les champs des possibles,(rien n'existerait-il qui ne soit pas nommé?)mais il ne me parait pas plus enviable d'être enfermé dehors que dedans.
Toutefois avec vous, l'innommable recule.(Voilà un alexandrin que ne renierait pas ma grand-mère qui se piquait à tort de beau language.)
C'est un régal!
Même dans l'invention: l'Orient-Thalis-me plait, et Ducroyd qui se prononçe dans le sud Ducroïde renvoie à une image des mieux trouvées concernant internet.
Mais il y a plus encore:
Je vous dois, surtout un moment d'exaltation.
J'avais fait part à Cat d'un regret: celui de n'avoir pas eu le temps de pénétrer dans le théâtre et d'y poursuivre les improbables aventures de notre héros. Ce théâtre me semblait essentiel au développement de l'intrigue. Vous nous y faites entrer de bien meilleure façon.
Votre émouvante introduction de "Lily passion" amène une troublante image d'assassin. Je ne peux m'empécher de resentir que la pièce qui se jouait ce soir là était celle écrite par Pierre François Lacenaire dont la chute était un assassinat...au bain turc. Sachant de son propre aveu que le film préféré de J.P.Silvestre, initiateur de l'histoire, est "les enfants du paradis", je suis enthousiaste devant soit votre finesse, soit votre intuition, soit les deux, l'un n'excluant pas l'autre. N'appelons à notre chevet ni Freud ni ses disciples . Savourons...
Si j'étais Cat, j'essayerais un verre de Tokay avant d'écrire la suite....
Bien à vous. J.D.

Cat a dit…

Impossible d'écrire une ligne...Une montagne s'est dressée devant moi!

Anonyme a dit…

Aie aie aie,je suis consterné. Si mon commentaire appelle le votre, je vous en prie: supprimez-le. Je grogne contre moi bien plus que vous ne pourriez faire.
Jean D.

Cat a dit…

Non vous n'y êtes pour rien! Je ne me sens juste plus à la hauteur et même si le ridicule ne tue pas...
J'ai seulement pris conscience de mon incapacité à relever brillamment le défi! Je ne devrais même pas écrire ces lignes négatives, c'est néfaste pour les autres rédacteurs. Considérons celà comme un incident.

Anonyme a dit…

Non ce n'est pas nefaste !
On est humain avant tout. On a le droit de douter ! c'est juste un passage à vide. Tu vas vite reprendre le dessus.

Cat a dit…

Merci Jean-Yves! J'ai déjà repris le dessus. Je m'amuse comme une petite folle à écrire la suite et si c'est de la daube tant pis! J'assume...

Anonyme a dit…

Je doute fort que cela soit de la "daube" - j'attends avec impatience ta prose chère Cat - un gros bisou d'encouragement ...

Cat a dit…

Merci Lili!